1958 n’a pas seulement marqué la naissance d’une marque, mais l’amorce d’une organisation agile qui jongle entre racines françaises et ateliers du bout du monde. Christine Laure a bâti depuis ses débuts une mécanique de production bien huilée, répartissant la fabrication de ses vêtements entre la France, l’Europe et l’Asie. Ici, chaque étape du processus trouve sa place selon les exigences de qualité, la proximité du savoir-faire ou les contraintes logistiques. La marque joue sur plusieurs tableaux : préserver une part de confection locale, mais aussi s’appuyer sur des partenaires internationaux pour suivre la cadence du marché et garder la main sur les coûts. Un équilibre qui s’ajuste au fil des saisons, sans jamais sacrifier l’attente des clientes.
Panorama du prêt-à-porter français : tendances et évolutions récentes
Le prêt-à-porter français trace aujourd’hui de nouvelles lignes, entre héritage et innovation. Christine Laure s’impose comme un acteur qui a su épouser ces mutations. Depuis la création du Groupe Vergy Industries en 1998, la marque s’adresse directement à la femme active de 45 à 55 ans : une femme qui veut affirmer son style sans faire de compromis sur le confort. Avec ce positionnement milieu-haut de gamme, Christine Laure vise une clientèle qui exige praticité et élégance à parts égales.
Le réseau s’est densifié au fil des années. Aujourd’hui, ce sont 150 boutiques qui jalonnent la France, avec la 101ème installée à Toulouse-Purpan. À cela s’ajoutent les relations nouées avec 400 détaillants multimarques. Cette combinaison de boutiques en propre et de points de vente partenaires via la commission-affiliation offre une flexibilité bienvenue : chaque partenaire profite d’un engagement limité en termes de risque, des contrats sur quatre ans et d’un ancrage solide sans pour autant brider le développement de la marque.
L’expansion suit un rythme soutenu : chaque année, 10 à 15 nouvelles boutiques s’installent, aussi bien dans les grandes villes qu’au sein de bassins urbains plus discrets. Christine Laure se fixe un cap : ouvrir 50 nouveaux points de vente en trois ans. Pour accompagner cette ambition, la marque cherche dix nouveaux partenaires dès 2005. La gamme s’élargit aussi : accessoires, collections mode enfantine, chaussures… De quoi séduire une clientèle fidèle, souvent familiale, parfois même sur plusieurs générations.
Quelques repères dessinent cette stratégie d’expansion :
- Une offre pensée du 38 au 52, pour s’adapter à toutes les silhouettes.
- Une priorité donnée au marché français sur les six dernières années.
- La moitié du réseau repose sur la commission-affiliation.
Dans la mode féminine en France, des enseignes comme Christine Laure montrent que la proximité, la réactivité et la capacité à s’adapter rapidement sont devenues des leviers majeurs pour rester dans la course.
Où sont fabriqués les vêtements Christine Laure ? Enquête sur la localisation des ateliers
Christine Laure s’appuie sur son ancrage à l’est de la France, mais la réalité de sa production textile dépasse les frontières régionales. L’atelier historique de Gray (Haute-Saône) continue d’exister, témoin discret d’une époque où la Bourgogne Franche-Comté rayonnait par son industrie textile. Ce site incarne encore le lien au territoire, la transmission d’un savoir-faire, même si la majeure partie de la production s’est déplacée ailleurs.
Aujourd’hui, près de 80 % des vêtements sortent d’ateliers basés en Chine. En optant pour la délocalisation textile, la marque mise sur la compétitivité et la capacité de ces sites à produire rapidement des volumes importants, capables de suivre la cadence des tendances et des saisons. La diversité des collections et la gestion des flux exigent cette réactivité.
L’atelier de Gray, lui, garde un rôle clé. Il se charge des petites séries, des prototypes, de toutes les pièces qui nécessitent une attention particulière ou une adaptation rapide. Ce partage des tâches, entre Bourgogne Franche-Comté et Asie, façonne la géographie actuelle de la fabrication des vêtements Christine Laure.
Les points saillants de cette organisation :
- L’atelier de Gray (Haute-Saône) reste bien en activité.
- La Chine assure désormais 80 % de la production.
- L’identité de la marque reste marquée par la Bourgogne Franche-Comté.
Finalement, chaque vêtement Christine Laure naît d’une idée conçue en France, mais l’essentiel de la confection se déroule à l’étranger, tout en préservant l’influence du savoir-faire français.
Secrets de fabrication : innovations et savoir-faire au service de la qualité
Tout commence à Dijon, dans le bureau de style où s’élaborent les futures collections. L’équipe créative s’affranchit des tendances éphémères et pense chaque pièce pour durer. Leur objectif : imaginer des vêtements qui accompagnent la femme active au quotidien, sans sacrifier la singularité ni la durabilité. Les matières sont sélectionnées avec soin, les coupes peaufinées, les imprimés dessinés pour traverser les modes et les saisons. Rien n’est laissé au hasard, ni la tenue, ni le confort.
Ensuite, direction les ateliers, que ce soit à Gray ou en Chine. La qualité se construit sur des contrôles systématiques : tests sur les tissus, vérification des assemblages, inspection minutieuse des finitions. La fidélité des clientes se gagne ici, dans le détail et l’exigence de chaque retouche. Les prototypes, élaborés à quelques pas du bureau de style, servent de référence pour les ateliers de production.
Quelques points clefs caractérisent cette démarche :
- Bureau de style basé à Dijon.
- Des procédures de contrôle qualité strictes et régulières.
- Créativité et fiabilité pilotent chaque étape.
Grâce à cette organisation, Christine Laure marie innovation et savoir-faire textile. Les échanges entre équipes françaises et ateliers de production sont constants : la coupe d’une manche, le choix d’une étoffe ou le positionnement d’un bouton peuvent être ajustés en temps réel. La promesse est claire : chaque vêtement doit inspirer confiance, créativité et durer dans le temps.
Quels acteurs dynamisent aujourd’hui la production textile en France ? Focus sur FASK et ses opportunités
La production textile française relève la tête et avance avec de nouveaux outils. À Marseille, FASK fédère industriels, marques, jeunes créateurs et startups autour d’un projet commun : redonner de la vigueur à la filière. Mais FASK ne se contente pas de regrouper, il crée de vrais espaces d’expérimentation, favorise les rencontres, les formations et stimule l’innovation à tous les niveaux.
Dans ce cluster, entreprises historiques et nouveaux venus travaillent main dans la main, profitant d’une dynamique de partage et de mutualisation. L’innovation s’invite dans les ateliers, permettant à la filière textile française de gagner en résilience et en capacité d’adaptation. Cette énergie collective replace la production textile française sur la carte, ouvrant la voie à de nouvelles collaborations et à la redécouverte de savoir-faire parfois oubliés.
De son côté, Christine Laure garde un œil attentif sur ces évolutions. L’atelier de Gray, bien que la majorité de la fabrication soit délocalisée, demeure un point d’appui. La marque s’intéresse de près à ces réseaux émergents, à la montée en compétences des ateliers et à la structuration de circuits plus courts, plus agiles.
Voici ce que cette approche collective permet de mettre en avant :
- Renforcement du tissu industriel local et régional.
- Ouverture à de nouveaux marchés par la mutualisation des moyens.
- Valorisation et transmission de savoir-faire rares.
La filière textile française avance, portée par des réseaux et des outils qui changent la donne. Grâce à des initiatives comme FASK, le secteur retrouve de l’allant, cultive l’innovation et se prépare à affronter les défis de demain. Dans cet élan, chaque acteur, grand ou petit, peut saisir sa chance, et la mode française, elle, continue d’écrire son histoire.


